Le pouvoir de la Gratitude inconditionnelle

Ça fait des mois (voire des années) qu’on vous bassine avec ça. Vous n’en pouvez plus de lire des articles, de voir des vidéos Youtube sur ce sujet. On vous dit qu’il faut en avoir et en ressentir pour être heureux et vous sentir bien : la Gratitude !

Mais, qu’est-ce donc ?

Notre fidèle ami le Larousse nous dit que la Gratitude est une « Reconnaissance pour un service, pour un bienfait reçu ; sentiment affectueux envers un bienfaiteur ».

Ce que je remarque dans cette définition, c’est qu’il faut attendre d’avoir reçu quelque chose pour être reconnaissant et ressentir de la gratitude.

La véritable gratitude, je pense que ce n’est pas ça ! Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être heureux ni de recevoir ce qu’on veut pour l’exprimer. Certains arrivent même à en ressentir en plein milieu de la tourmente. Si si, je vous jure ! Et c’est ce qu’on appelle la Gratitude inconditionnelle.

Je pense qu’il est seulement possible de l’expérimenter à partir du moment où on lâche la croyance selon laquelle la Vie nous en veut personnellement et que son seul but est de nous faire mordre la poussière à chaque pas qu’on fait. D’une part, c’est faux et archifaux et d’autre part, ça nous enlève tout notre pouvoir sur nous-même et en plus, ça nous rend aigris…

Mais, finalement, quand on sort du rôle de victime, on peut alors commencer à éprouver un sentiment d’apaisement et tout se fluidifie. Tout devient tellement plus simple !

Vous voulez un mode d’emploi pour ressentir de la gratitude inconditionnelle ?… Ben, désolée, je n’en ai pas.

Par contre, je peux vous partager ma propre expérience sur le sujet. Comme tout le monde, il m’arrive parfois d’être contrariée par des évènements extérieurs, ou d’autres fois, par des émotions que je ressens et que je préfèrerais ignorer voire enfouir trèèès loin de ma conscience. Des hauts et des bas, j’en ai comme vous tous. Pendant très longtemps, je me positionnais en victime. A une époque, je pensais même qu’on m’avait envoûtée tellement je trouvais que j’avais la poisse…et effectivement, il ne m’arrivait que des galères car c’était la vibration que j’émettais, j’étais donc comme un énorme aimant à emmerdes (sur pattes). Et, plus j’avais la croyance que je n’avais pas de chance, moins j’avais de chance et moins j’avais de chance, plus je renforçais ma croyance d’être malchanceuse… Allô, Asile ?

Oui, je m’en arrachais les cheveux…et j’en ai gratté des pages de mon journal intime où je me lamentais sur mon triste sort… En relisant certains passages quelques années plus tard, j’ai d’ailleurs été hyper choquée de la violence avec laquelle je me parlais ! La personne qui me portait la poisse : c’était bien Moi ! Avec le temps, j’avais totalement oublié à quel point je me détestais à certaines périodes de ma vie… Comment espérer être heureuse en s’insultant de tous les noms et en pensant que je ne méritais pas de vivre ou que les autres seraient plus heureux si je n’existais pas ?

C’est impossible, on est bien d’accord…

Si vous adoptez ce genre de comportement à votre égard, ne vous étonnez donc pas d’être malheureux ou de toujours faire des choix qui vous rendent malheureux. C’est en tout cas primordial de prêter attention à votre dialogue intérieur vous concernant.

Moi, j’ai mis plusieurs années avant d’accepter de voir la dure réalité. Mais, vous n’êtes pas obligés d’attendre des décennies tout en continuant à souffrir. Encore une fois, faire preuve de compassion avec vous-mêmes peut être une clé très importante pour oser regarder en face tous vos travers, sans pour autant avoir envie de vous scarifier de la tête aux pieds… On entend souvent dire qu’il faut pardonner aux autres, mais je pense que le premier pardon devrait être celui à soi-même !

Se pardonner à soi-même ? Quelle drôle d’idée ! Et pourtant, quelle idée de génie.

Je crois que toutes les expériences ont un lien avec le fait qu’on s’aime ou pas, en premier lieu, mais le pardon à soi n’est jamais très loin. Les émotions dites négatives qu’on ressent sont d’ailleurs rarement causées pour les raisons auxquelles on pense.

Alors, quel est le rapport avec la gratitude inconditionnelle ?

Comme dirait David Laroche, elle découle du fait de réussir à voir les cadeaux mêmes dans les situations difficiles qu’on vit. La Vie nous envoie toujours des cadeaux, sauf qu’ils sont parfois très mal emballés et on les prend pour ce qu’ils ne sont pas : des malheurs, des malédictions et la liste est longue.

Souvent, au moment de recevoir ces cadeaux mal emballés, on est tellement à vif, à fleur de peau, qu’on juge ce qu’on vit avec des termes manichéens (bien ou mal, bon ou mauvais, etc.), sans prendre assez de recul pour évaluer la situation de façon neutre. C’est normal, me direz-vous, quand vous êtes sous le choc, c’est parfois difficile de faire pause pour réfléchir. On est tout de suite dans l’émotionnel et on réagit à chaud. Comment ressentir de la gratitude quand on perd son emploi, qu’on subit une séparation ou même un décès ?

Pour le décès, c’est plus délicat, mais la chose à faire pourrait être de se concentrer sur les bons moments partagés, après avoir laissé son chagrin s’exprimer, bien sûr. Mais, je ne m’étendrai pas sur le sujet car chacun vit son deuil comme il peut.

Pour les autres situations, c’est déjà moins compliqué de voir quels sont les bénéfices.

Ces fameux « cadeaux mal emballés » surviennent souvent quand on s’est engagés sur un chemin avec lequel on n’est pas aligné. On est tellement dans la peur qu’on n’ose pas se l’avouer, on se croit obligés de continuer à avancer coûte que coûte, on est déjà tellement engagés sur la mauvaise voie, autant y aller à fond et abandonner toute action pour s’en sortir. On prie au fond pour qu’un miracle nous sorte de cette prison sans qu’on n’ait à agir soi-même… ça arrive rarement ! Mais, les fois où ça arrive, on ne reconnaît même pas cette aide de l’Univers et on se plaint encore plus… L’être humain est tellement contradictoire. On est tous victimes du syndrome de Stockholm, en fait haha ! On nous ouvre la porte de notre prison, mais c’est comme si on s’y agrippait de toutes nos forces pour la refermer et rester bien au chaud dans nos vieilles habitudes. Elles nous font ch*er, mais au moins, on sait à quoi s’attendre, pas de surprises ! Pas de désillusions, pas de souffrance plus grande que celle qu’on s’inflige au quotidien… C’est rassurant, quelque part. Mais, ce qu’on ne voit pas, c’est qu’on meurt à petits feux et qu’on finit étouffés dans notre cage, comme la grenouille qui ne se rend pas compte qu’elle est en train de bouillir car la température de l’eau augmente au fur et à mesure.

C’est exactement ce qu’on se fait subir ! On est des milliards à s’infliger cette punition sans même le réaliser. Il faut parfois des maladies, des drames pour qu’on se réveille enfin et qu’on accepte enfin de changer de chemin !

Ça me rend folle de voir qu’on est à ce point ligotés par la peur qu’on s’oblige à frôler la mort en allant tellement loin dans la souffrance qu’on n’a plus le choix de changer de voie. Il suffirait pourtant de se réorienter dès qu’on sent un petit malaise, le premier malaise…

Je dis ça parce que je le fais aussi… Nos actions sont donc guidées par la nécessité de s’éloigner de la souffrance et de la mort (au niveau symbolique), au lieu d’être motivées par l’envie d’aller vers le bonheur et le bien-être.

Après, c’est vrai que je crois qu’on hérite de beaucoup de choses de nos ancêtres, donc de blocages et autres schémas répétitifs… Mais, je crois aussi qu’on a le libre arbitre et qu’on peut carrément juste décider de ne plus souffrir inutilement et de laisser à nos ancêtres ce qui leur appartient et qu’ils ne nous ont jamais demandé de porter pour eux…

Voili ! Je suis partie un peu en HS, mais bon, je suis toujours en mode freestyle de toute façon et c’est souvent là que je découvre des pépites rédactionnelles xD

Much Love to you all ❤

TeeNa

Commencer par le meilleur !

Bien que le titre de l’article ne l’indique pas, je vais parler ici de l’adage bien connu selon lequel il faut toujours « garder le meilleur pour la fin ».

En prenant mon petit déjeuner tout à l’heure, j’ai eu envie de manger un chausson aux pommes, il y en avait deux, un très beau et l’autre un peu écrasé. Ma main s’est tout de suite dirigée vers le plus appétissant, mais d’un coup, je me suis arrêtée en me disant : « Mais non, je le mangerai plus tard, je le garde pour la fin ! » et je me dirigeais vers le moins beau quand je me suis stoppée net…

Pourquoi doit-on toujours commencer par faire ce qu’on aime le moins ?

J’ai réalisé que j’ai toujours fait ça finalement : commencer par les choses qui me font le moins plaisir pour finir sur le délice des choses que je préfère. Mais, je me rends compte aujourd’hui que c’est un peu du masochisme (bon, même si la douleur est moindre…) et que le temps de faire ces choses que j’aime moins, je reste dans l’attente de ce qui me fait vibrer.

Est-ce que le plaisir est diminué si on commence par faire ce qu’on aime le plus ? Où est la logique là-dedans ?

Certains diront que c’est justement pour se motiver, comme une espèce de carotte qui fait avancer l’âne (ici, l’âne, c’est nous !) Le problème, c’est que beaucoup s’arrêtent à cette carotte et passent toute leur vie dans l’attente d’un mieux, d’un ailleurs, tout en se refusant de créer et vivre ce qu’ils aiment vraiment. Un peu comme une punition au final. D’autres rêvent même à un futur meilleur dans l’au-delà… Mais, personnellement, je ne crois pas qu’on soit ici pour naître, souffrir et juste mourir. Après, chacun ses croyances, bien sûr, mais je trouve juste dommage de se contenter du minimum et des poussières de miettes en espérant avoir mieux un jour prochain, s’ils ont fait assez d’efforts et assez souffert…

J’en ai pour preuve une personne qui adore dessiner, mais qui se sent contrainte de garder son job alimentaire qu’elle déteste et qui m’a dit « C’est sûr, à la retraite, je ferai ce que j’aime vraiment ! » Cette personne a environ 37 ans…il lui reste donc plus d’une vingtaine d’années à « tenir » avant de s’autoriser à réaliser son rêve… C’est si peu à l’échelle d’une vie… haha !

Je me rappelle mon choc quand j’avais entendu cette excuse bidon… Et, j’ai pensé « Mais, mec, qui dit que tu seras encore vivant à la retraite ? Ta vie, c’est maintenant ! »

Son exemple est malheureusement trop répandu dans notre société…

Et, ça m’a, en tout cas, aidée à arrêter de me trouver des excuses pour mettre ma vie entre parenthèses et subir des choses que je déteste faire en attendant mieux.

Personnellement, je pense qu’en commençant, au contraire, par les choses qui nous font vraiment envie, on garde le plaisir intact et on savoure donc encore plus l’expérience. C’est pour ça que j’ai absolument voulu faire ma BD en tout premier, avant de collaborer avec je ne sais qui sur je ne sais quel projet qui n’est pas de moi. D’abord mes rêves, ensuite les collaborations !

Je le vois beaucoup dans les carrières artistiques car c’est le milieu dans lequel j’évolue, mais je vois bien qu’aucune catégorie professionnelle et personne n’est épargné par ce syndrome de « plutarité » (non, ce mot n’existe pas, mais il exprime bien le fait de remettre à plus tard)… ou de procrastination !

Pour remédier à tout ça et éviter de me forcer à vivre une vie merdique en demi-teinte le temps d’avoir le courage de vivre une vie remplie de couleurs chatoyantes, j’ai décidé de me lancer un défi : Toujours commencer par le meilleur ! Donc inverser mes habitudes, faire switcher mes circuits neuronaux en me concentrant sur ce que j’aime le plus faire et en le faisant en premier, avant tout le reste.

Et vous, y’a-t-il des choses que vous remettez sans cesse au lendemain ? Qu’est-ce que ça vous coûterait d’oser les faire ?
Et, finalement, qu’est-ce que cela vous coûte de ne pas vivre la vie dont vous rêvez ?

TeeNa ★