L’auto-édition, le financement participatif ou la revanche des artistes

Ce titre sonne un poil Star Wars avec la Revanche des Sith haha ! Ça se voit à peine que je baigne dans la Pop Culture depuis mon enfance…

Mais, parlons plus sérieusement…

Dans un article précédent sur le quotidien des auteurs jeunesse, je parlais des conditions de vie dans le secteur de l’édition et des pratiques des éditeurs… Bon, j’avoue, je n’ai pas pu m’empêcher de cracher mon venin sur eux, (j’aurai l’air bien bête si un jour un éditeur honnête veut travailler avec moi xD) mais ce qui m’horripile, c’est l’inertie dans laquelle restent certains artistes, ce qui permet à ce système esclavagiste (utilisons les grands mots) de perdurer.

Si personne ne s’en plaignait, ce serait la belle vie sous le sunlight des tropiques, mais j’entends trop de personnes grommeler et ne rien faire pour changer les choses tout en continuant à subir…pour pouvoir continuer à se plaindre… c’est un vrai cercle vicieux, en fait !

Heureusement, Internet et sa magie ont permis de changer la donne ! Et, aujourd’hui, grâce à des sites comme Ulule ou Kickstarter et leurs amis, plus personne n’est obligé de dépendre du bon vouloir d’une poignée de gens coincés de la rondelle qui veulent garder le monopole…et le fric aussi. Le milieu de la BD n’est pas le seul touché. On retrouve aussi les mêmes pratiques dans le monde de la musique, voilà pourquoi beaucoup d’artistes cherchent des solutions pour se passer des grosses majors et c’est tout à leur honneur !

Revenons-en aux dessinateurs car c’est le domaine que je connais le mieux.

Au début, on pouvait imprimer ses propres livres grâce à des plateformes en ligne, mais une fois son livre imprimé, il fallait encore le diffuser et si on avait un très petit réseau, vu que peu de personnes étaient au courant de l’existence du livre, il était plus difficile de trouver des acheteurs.

Mais, aujourd’hui, la vraie révolution, c’est le financement participatif (ou crowdfunding… mot facilement imprononçable) !!

Le financement participatif, qu’est-ce que c’est ? Voici la définition officielle du gouvernement :

« Le financement participatif, ou crowdfunding  (« financement par la foule ») est un mécanisme qui permet de collecter les apports financiers – généralement des petits montants -d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une plateforme sur internet  – en vue de financer un projet. Deux parties sont mises en présence : l’épargnant qui souhaite investir une certaine somme d’argent dans un projet auquel il croit et le porteur de ce projet qui ne possède pas les fonds nécessaires pour le mettre en œuvre.»

Donc, comme c’est si bien expliqué, Internet permet la rencontre du porteur de projet et des investisseurs (ou contributeurs).

Aujourd’hui, l’auto-édition est donc facilitée grâce aux plateformes de financement participatif. Pour moi, c’est la revalorisation du travail de l’artiste et tout l’argent lui revient (ou la majeure partie), ce que je trouve beaucoup plus logique ! En plus, le contact avec le public est différent, on crée une sorte de « famille » qui voit grandir le projet, (du stade embryonnaire à l’accouchement) et y contribue comme s’il l’avait créé avec nous. Les liens sont plus profonds et ça crée une vraie communauté autour de l’histoire et des personnages.

Pour ma propre expérience du financement participatif pour Rodham Willows, j’ai pu constater avec émotion l’implication de mes contributeurs. Ils connaissaient mes personnages et s’y étaient attachés avant même d’avoir lu ma BD ! En même temps, je m’étais donnée à fond : j’avais fait une vidéo (montée par moi-même YES !!), présenté les personnages principaux et montré quelques planches de dessins. Le but étant de donner envie aux gens de me soutenir d’en savoir plus et de me soutenir dans cette aventure en y prenant part.

Avec ce procédé, les gens se sentent donc bien plus impliqués que s’ils avaient seulement acheté ma BD après sa création.

Personnellement, voir autant de personnes que je connaissais ou non, me soutenir, m’a vraiment touchée. Ça m’a donné la force de continuer à dessiner dans mes pires moments de doute et d’angoisse car je savais que quelqu’un attendait de découvrir ma BD quand elle serait finie. Quand je croisais les gens que je connais qui avaient contribué à ma campagne, ils me demandaient toujours en premier lieu comment avançait mon projet et où j’en étais dans la BD.

Bon, j’avoue que ça m’a aussi mis le stress et amplifié certaines angoisses car j’avais le désir de perfection et la peur de décevoir et d’avoir vendu du rêve… Mais, à part ça, j’ai vraiment adoré partager ce projet qui me tenait à cœur depuis plusieurs années avec d’autres personnes.

Pour moi, c’est la clé du Salut, c’est donc ça : pas d’éditeurs, pas de diffuseurs, personne pour me saouler ni pour me brider et me dire de retravailler mon histoire, mes personnages, de changer de style de dessin, etc. Et personne pour m’enlever MON pain de ma bouche, non mais !

Après, chacun pense ce qu’il veut. Mais, j’aimerais que les personnes qui se plaignent des pratiques injustes des éditeurs et de leurs copains, se bougent pour trouver d’autres solutions et reprendre leur vie en main, au lieu de se lamenter continuellement sur leur sort… !

Ce sera mon mot de la fin !

Much Love to you all ❤

TeeNa

« Dans la peau d’un auteur jeunesse », l’expo

Je suis allée m’inscrire à la bibliothèque de Montreuil hier et je suis tombée sur une expo assez intéressante intitulée Dans la peau d’un auteur jeunesse.

Cette expo a été élaborée pour la dernière édition du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil par la Charte (des auteurs et illustrateurs jeunesse) et l’ADAGP (Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques) afin de défendre la création jeunesse en mettant l’accent sur la réalité du monde de l’édition jeunesse et du quotidien des artistes jeunesse.

J’ai d’abord été intriguée par le titre de l’expo car on ne parle quasiment jamais des auteurs jeunesse… et puis, je me suis sentie concernée car j’ai récemment sorti ma première BD, qui peut parfaitement trouver sa place au rayon BD jeunesse.

Ce que j’ai aimé dans cette expo, c’est l’humour avec lequel les artistes sont mis en scène pour parler d’une vérité que je trouve affligeante : le salaire misérable des auteurs, illustrateurs et des artistes, en général…

Déjà qu’un(e) auteur(e) ou un(e) illustrateur/trice dans le circuit « traditionnel » ne touche qu’entre 8 à 10% sur son œuvre (s’il a de la chance, bien sûr), dans le secteur jeunesse, ce n’est que 6% (allez donc savoir pourquoi, personne n’a de réponse)… Et encore, les 6%, c’est seulement s’il n’y a pas d’autres personnes à payer. Donc si par exemple il y a un(e) auteur(e), un(e) illustrateur/trice et un(e) coloriste, les 6% sont à partager entre ces trois personnes…..!!!!

Allô ???! Je trouve ça juste choquant !! Comment les artistes sont-ils censés vivre avec ces miettes ?! Quel est le projet au juste ? Où passent les 94% restants ???!!!

Ne cherchez pas plus loin, ce sont les éditeurs et les diffuseurs (Dracula ?) qui se taillent la plus grosse part du gâteau… ce qui est totalement illogique car sans les textes et les dessins, il n’y a tout simplement pas d’histoires à vendre…

Après, on peut dire que « quand même le boulot d’éditeur, ça gagne pas bien » donc c’est normal qu’ils prennent autant d’argent et idem pour le diffuseur… Pour moi, c’est du charabia et de la poudre aux yeux ! L’éditeur et le diffuseur (et je ne sais pas qui d’autre) qui prend une grosse part de pourcentage sur chaque contrat, chaque album, travaillent sur plusieurs projets en même temps. Alors que les artistes, eux, ne travaillent en général que sur un gros projet à la fois, donc, leurs 6% (ou moins si y’a partage), c’est tout ce qu’ils vont toucher sur l’année… et je ne sais même plus quand ils sont censés toucher cet argent…

Ne me demandez pas de vous expliquer comment marche le secteur de l’édition, je n’y ai jamais rien compris, trop de détours pour embrouiller l’esprit et justifier des salaires de misère pour les artistes…

Mais, voici l’explication qui est donnée pour présenter l’exposition :

« Pour chaque livre, l’auteur signe un contrat avec son éditeur, et touche un à-valoir, soit une avance sur les droits d’auteur qu’il espère engranger. Il doit ensuite le rembourser en cumulant les fameux droits d’auteur, c’est-à-dire un pourcentage sur le prix de vente hors taxe fixé par l’éditeur. Si et seulement s’il y parvient, il commence à gagner de l’argent sur la vente de ses livres.

En France, la moyenne des pourcentages est de 10%. Mais en littérature jeunesse, pour une raison obscure ne trouvant aucun fondement économique raisonnable, hormis un usage injuste, les pourcentages stagnent aux alentours de 6%. À partager généralement entre les auteurs des textes et des illustrations… Alors l’auteur jeunesse sort sa calculette : « Supposons que mon livre coûte 10€ TTC (soit 9,45€ HT). Si je touche 6%, tout livre vendu en librairie me rapporte 0,567€ »…

Et là, il pâlit : « Alors combien d’exemplaires de mes livres doivent être vendus pour que je m’offre un café à 2€ ? 4 livres ! Un paquet de couches à 15,90€ ? 28 ! Un poulet rôti à 9,90€ ? 18 ! »

Alors, comme vous me connaissez, je ne peux pas m’empêcher de donner mon avis sur cette question obscure de la rémunération des auteurs et de l’opacité des maisons d’édition…

Personnellement, j’ai vraiment beaucoup de mal à comprendre le fonctionnement de ce système qui justifie la précarisation des artistes. Ce qui me dérange le plus, c’est que personne n’a l’air d’oser contrer les maisons d’édition, qui ont le monopole du marché du livre. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer quelques éditeurs, à mes tous débuts (donc, quand je venais de m’autoriser à dire que j’étais illustratrice), et il y a 1 an, lors d’une journée professionnelle d’un salon du livre.

Pour être honnête, à chaque fois que je me suis retrouvée face à un éditeur, je me suis toujours demandé : « mais, qu’est-ce que je fais là ?! » (sans la censure, ça donne plutôt : « mais, qu’est-ce que je fous là, à lécher les bottes de ce crétin prétentieux qui me regarde de haut comme si j’étais une enfant de maternelle qui ne connaît rien de la Vie ?! » xD) Après, c’était peut-être ma perception qui n’était pas très juste car déjà « contagiée » par mon opinion non neutre sur les éditeurs, j’avoue… mais bon, quelque chose m’a toujours dérangée, et c’était bien avant que je sache de quelle façon les artistes sont traités dans le monde de l’édition.

Donc, oui, quand je vois la réalité de ce secteur, je suis littéralement écœurée… mais, ce que je comprends encore moins, c’est le fait que les artistes (auteurs, illustrateurs, etc.) se bousculent au portillon quand on leur fait miroiter un contrat d’édition et ils n’hésitent pas à se pousser du coude pour travailler avec ces mêmes éditeurs qui vont les exploiter par la suite… On marche carrément sur la tête, là !

Pourquoi ? Pourquoi vouloir entrer dans ce système dégradant pour les artistes et leur travail, tout en sachant parfaitement qu’il rime avec exploitation et malhonnêteté ? Perso, j’appelle ça du masochisme, désolée…!

Pourquoi ne pas se serrer les coudes et boycotter les maisons d’édition pour qu’elles soient obligées de mieux rémunérer les artistes ?

Le problème que j’ai aussi constaté en évoluant dans ce milieu, c’est la faible solidarité entre les artistes. Beaucoup sont prêts à marcher sur les autres pour avoir « l’honneur » d’être enfin édité (donc, pensent-ils, d’être reconnus par les différents acteurs du milieu).

Et, ça me fait penser à ma rencontre avec un des premiers dessinateurs français qui a introduit les comics américains en France, qui s’était retrouvé devant mon stand lors d’un salon de comics. Il m’avait complimentée sur mon travail et demandé si j’étais déjà éditée et quand je lui ai dit non, il a eu l’air tellement navré pour moi et m’a répondu plein de compassion : « Vous en faites pas, ça va venir ! » J’étais perplexe car je voyais qu’il voulait me rassurer en me disant ça, sauf que la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est : « Mec, t’en fais pas pour moi, j’en ai rien à foutre de pas être éditée par des voleurs, je vais très bien me débrouiller toute seule ! » Bon, je ne lui ai bien sûr pas répondu ça car ça partait d’une bonne intention de sa part. Mais, j’ai l’impression qu’on considère normal de passer sa vie d’artiste à attendre d’être remarqué par un éditeur et qu’on est censé se traîner à leurs pattes et se trémousser sous leur nez pour qu’ils daignent nous jeter un regard (si hautain soit-il) et qu’ils nous rendent enfin légitimes… Etre édité devient alors le Saint Graal de l’artiste et il court après cet objectif toute sa vie ! Mais, contre toute attente, quand il obtient ce Graal tant désiré, l’artiste déchante très vite. Financièrement, d’une part, et d’autre part, il réalise que c’est une quête qui n’a jamais de fin et qu’il ne suffit pas d’être édité pour avoir la reconnaissance dont il rêvait…

Je crois que le problème vient du fait qu’on nous a mis dans l’esprit qu’un « vrai » auteur/illustrateur doit être édité (par un éditeur, donc), sinon, il n’est pas reconnu comme étant un professionnel… en gros, c’est un imposteur tant qu’il n’est pas édité, une moitié d’artiste, quoi ! Et, je croyais ça, quand j’ai commencé, donc je me suis précipitée comme tout le monde (au salon de Montreuil) pour rencontrer les éditeurs… et j’ai été tellement refroidie par les contacts que j’ai eus que je me suis dit que j’allais trouver une autre solution pour être éditée ! Et, je l’ai trouvée, bien des années plus tard : l’auto-édition !!

L’autre problème (parmi de nombreux autres…), c’est que les artistes sont assez frileux quand il s’agit d’être autonome sur un projet qu’ils doivent mener de A à Z. Ce qui peut se comprendre, car il faut vraiment une persévérance et une confiance à soi à toute épreuve. Et, même si je suis passée par ce chemin, j’avoue ne pas avoir fait la fière tous les jours… Mais, mon projet était tellement plus grand que mes peurs que j’ai pu trouver la motivation et l’énergie pour le mener à bien…

Donc, pour que le système des maisons d’édition ne s’écroule pas, on fait croire aux artistes qu’il sera bien plus difficile de diffuser leur livre une fois s’ils sortent du circuit traditionnel. On fait courir le bruit qu’il faut des compétences en communication dont ils sont dépourvus et qu’ils ne pourront donc pas réussir à sortir leur épingle du jeu sans les éditeurs et leurs amis… Et, j’ai entendu ces peurs dans la bouche d’artistes que j’ai rencontrés.

Sauf que, soyons honnêtes, de nos jours, ces excuses ne sont plus valables avec l’émergence du financement participatif ! Ça règle tous les problèmes :

  • au niveau de l’argent, car ce sont les contributeurs qui fournissent les fonds en se cotisant
  • au niveau de la communication, car la campagne de financement participatif  sert de pub pour le produit final et le contact avec le public est déjà établi et l’artiste sait déjà si son produit va marcher
  • pour la diffusion, il suffit de faire des salons, il y en a un paquet tous les mois dans différentes régions de France. Le gros avantage est que vous touchez 100% de l’argent des ventes de votre produit !! Moi, je dis JACKPOT !!!
  • pour la distribution, il faut se rendre dans les librairies et leur demander si elles font du dépôt-vente ou si elles peuvent organiser une séance de dédicace pour que vous présentiez votre produit au public. Personnellement, je l’ai fait avec Cultura et une librairie à nation et ils m’ont dit oui tout de suite. Le gros intérêt, c’est que la commission dépasse rarement les 40%, donc vous toucherez 60% et plus sur votre produit, contre 6 à 8% en travaillant avec un éditeur. Je vous laisse faire le calcul vous-mêmes…

Il ne faut pas avoir peur du « non ». On s’en remet très vite et on passe à autre chose, je vous le garantis ! Pour un « non », j’ai reçu à chaque fois plus de 10 « oui ». Et j’ai pris cette habitude de toujours demander, car on ne sait jamais ce que les autres vont répondre.

Quoiqu’il en soit, il vaut mieux bien réfléchir avant de signer avec un éditeur, même si c’est le plus gros du marché…

Mais, je m’arrêterai ici car je sens que si je commence, je ne vais pas m’arrêter… Je développerai plus ces sujets (l’auto-édition et le financement participatif) dans un prochain article.

Pour l’instant, je vous laisse avec les quelques photos que j’ai pris de l’expo :

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Et voici le lien pour voir ou télécharger le pdf de l’expo avec toutes les photos : http://la-charte.fr/docs/DsLaPeau_web.pdf

Much Love to you all ❤

TeeNa

Dédicace Rodham Willows à Cultura !! ❤❤❤

Après toutes les péripéties pour l’impression de ma BD Rodham Willows, la récompense : ma dédicace à Cultura pour la sortie de l’album !

Je partage avec vous quelques images de cet évènement ^^

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(valise parée pour la dédicace !!)

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(première lectrice ^^)

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(dans la place !)

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(venez acheter ma BD hinhinhin)

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(séquence schizophrénique xD)

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(ma BD très bien placée parmi les meilleures ventes en BD jeunesse *O* !!!)

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(avec les amis ^^)

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(avec mes albums, au rayon BD jeunesse, parmi les meilleures ventes du moment !!)

Première séance de dédicace fabulistiquement kiffée par…

TeeNa ★

Quand je serai grande, je serai dessinatrice de bandes dessinées, et vous ?!

Il y a quelques mois, je vous parlais de ma campagne de financement participatif pour auto-éditer ma première BD : Rodham Willows !

Après moult péripéties, ça y est, l’album est imprimé et je l’ai reçu !!

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Jamais je n’aurais imaginé autant galérer à finaliser ce projet. Je pensais naïvement que je dessinerai comme je l’ai toujours fait quand je faisais mes BD en amateur étant enfant… Que nenni !

J’ai été submergée de doutes, de peurs, d’angoisses toutes aussi castratrices artistiquement les unes que les autres. Je n’osais le dire à personne au début, mais j’ai passé plusieurs mois à ne pas pouvoir dessiner une seule page, pas même une mini case, tellement mes blocages étaient énormes ! C’était comme un raz-de-marée, un tsunami d’angoisses qui déferlait à toute vitesse sur moi et me paralysait, me faisait perdre tous mes moyens et toute confiance en mes  capacités.

En boucle, dans ma tête, il y avait les fameuses phrases : « Tu te prends pour qui ? » et ses meilleures amies : « T’es personne ! », « En quoi t’es plus légitime qu’un(e) autre pour faire de la BD ? », « Laisse tomber, t’y arriveras jamais ! T’as pas assez de talent ! », « C’est pas parce que tu faisais des BD quand t’étais petite que tu peux en faire en tant que professionnelle, t’y connais rien ! » et « T’es une « imposteuse » ! Tu arnaques les gens, ils vont demander à être remboursés ! »

Je vous laisse deviner dans quel état nerveux j’étais… Le pire, c’est que ces phrases tournaient en mode gros traître de sous-marin, donc je les entendais pas clairement, j’avais juste les sensations négatives et les angoisses correspondantes et qui ont suffi à m’empêcher de toucher un crayon pendant des mois.

Ce qui m’a bizarrement posé un énorme problème, c’est aussi le fait de gagner autant d’argent et aussi rapidement pour un projet qui me tenait autant à cœur ! Mon ego (Doom =p) ne l’a pas supporté et il a tout fait pour que je m’auto-sabote afin de rester fidèle et très loyale aux croyances limitantes héritées de mes ancêtres, qui ont toujours guidé ma vie jusqu’à présent…

Grâce à un atelier The Work, basé sur la méthode mise en place par Byron Katie (j’écrirai un article à ce sujet prochainement ^^), j’ai eu un déclic et j’ai pu enfin dessiner à nouveau une fois que j’ai pu entendre ce brouhaha intérieur et voir qu’il n’était rien d’autre que des mensonges destinés à m’éloigner de mon épanouissement.

J’ai repris le dessin et l’histoire avançait très bien, j’avais un bon rythme de travail, mais sur la fin, je me suis quand même auto-sabotée. J’allais être en retard et sur la fin, j’ai dû passer toutes mes journées à ne faire que de la BD. Je me levais à 6h et je me mettais direct à coloriser mes pages parfois jusqu’à 1h du matin… Je devais même refuser des sorties, tellement j’avais peur de ne pas pouvoir finir à temps… Vive l’angoisse !

Les 23HBD m’ont permis de donner un coup d’accélérateur et de finaliser les pages encrées. Mais, la colorisation m’a pris énormément de temps aussi.

Mais, je ne savais pas que les impressions allaient aussi me prendre la tête ! J’avais envoyé mes fichiers début avril et pendant 6 jours, je recevais des mails me disant « fichier non conforme » et me demandant de renvoyer des fichiers adaptés. Je me suis arraché les cheveux ! Je commençais à stresser à fond car ma date de dédicace à Cultura approchait à grands pas…

La date de livraison ne cessait d’être repoussée… J’ai même eu une date après ma dédicace à Cultura, j’étais là : « Nan, mais SERIOUSLY ??? ». J’ai dû annuler la première commande et en faire une autre plus chère pour avoir mes livres plus tôt. Heureusement, je suis tombée sur une hôtesse très aimable qui m’a vraiment aidée et rassurée, elle était très patiente… Mais, les galères continuaient d’arriver par pelletées entières… A un moment, j’étais tellement excédée par tout ça que je me suis dit que ce n’était pas normal et que je ne devais peut-être pas aller à cette dédicace, c’était trop bizarre que ça bloque autant, ça ne m’était jamais arrivé avant… J’essayais de savoir si c’était moi qui bloquais tout énergétiquement parce que tout devenait concret et que ça me faisait peur… mais non ! Je me suis donc vue tout annuler : ma dédicace à Cultura, mes impressions et tout le reste ! J’ai totalement lâché prise et à la fin, je ne voulais même plus avoir mes BD tellement ça avait été épuisant de lutter pour les avoir.

Le week-end est arrivé trop vite et je n’ai pas pu appeler pour annuler ma commande. J’ai donc rappelé le lundi à la première heure, et là j’apprends quoi : mes BD sont parties en impression, la commande ne peut plus être annulée ! WHAT ???!!!

Je voulais récupérer mon argent parce que je ne trouvais pas normal d’avoir dû payer plus cher pour avoir une commande encore repoussée donc j’ai poussé un coup de gueule (pauvre mec innocent, quand j’y pense xD) ! Mais, il ne pouvait plus rien annuler vu que la BD était en cours d’impression… La meuf qui ne sait pas ce qu’elle veut et qui râle alors que ça fait des jours qu’elle attendait ce moment en mode obsession haha !

Et, ce qui m’a énervée encore plus, c’est quand il me dit que si je veux que mes BD arrivent plus tôt, il faut rajouter 100€ pour l’envoi en express par avion… Euhhh !! Tu m’as pris pour Crésus ou bien ?! J’ai refusé tout net en disant qu’ils se foutaient de ma gu****, en gros et que j’étais pas du tout contente (genre, trop menaçante, quoi !)… Mais bon, il ne pouvait rien faire donc on a raccroché là-dessus. Mais, j’ai de la ressource, donc j’ai eu l’idée de bloquer le virement pour que mon argent me soit remboursé, même s’ils ne voulaient pas et à ce moment-là, je m’en fichais totalement de ce qui allait arriver à mes BD déjà imprimées.

Plus tard, une femme toute mielleuse m’appelle en me demandant pourquoi j’ai bloqué mon virement (wesh xD) et j’invente un mytho en disant que j’avais bloqué avant de savoir que mes BD étaient parties en impression… Là, elle me dit un truc intéressant : si je débloque l’argent, mes BD me seront envoyées dès le lendemain (le 11 avril, sachant qu’elles devaient arriver le 14, la veille de ma dédicace) sans payer les 100€ de frais d’envoi express ! Même avec cette proposition alléchante, j’étais assez hésitante…Mais, j’ai fini par accepter du bout des lèvres.

Finalement, dans ma commande, la date de livraison était le 12 avril, mais c’était toujours mieux que le 14… Le 11 avril, je donnais un cours de dessin quand un numéro inconnu m’appelle. Un homme me dit : « Vous êtes bien Madame Stone ? J’ai 5 colis pour vous »… Et mes BD sont en fait bien arrivées le 11 ! J’ai pu les récupérer le soir, après mon cours.

C’était un peu long, mais je pense que j’avais besoin de me purger de tout ça à l’écrit !

J’ai retenu un très beau message de cette expérience : quand c’est compliqué ou douloureux, c’est que c’est pas le bon chemin ! Le lâcher-prise est la clé et la fluidité est la normalité !

A partir du moment où j’ai totalement lâché prise sur mes BD, c’est là que tout s’est accéléré et elles sont même arrivées en avance, tellement c’était fluide !

Souvent, on a le réflexe de s’acharner encore plus quand c’est dur et compliqué, en se disant que si on fait encore des efforts, ça finira par payer, qu’un peu de souffrance au début va nous amener une grande satisfaction à la fin…. On est bien d’accord sur le fait que ça n’arrive jamais, non ?!

La souffrance est banalisée voire normalisée et on l’accepte à tort et à travers, alors que si on ne l’envisage pas, elle ne pointe pas le bout de son nez. Certains disent que plaisir et douleur doivent être équilibrés dans nos vies…rendant donc la douleur légitime voire incontournable.

Je ne suis clairement pas d’accord avec ces théories ! Pourquoi devrait-on forcément souffrir ? En quoi est-ce plus normal de souffrir que d’être bien ?

Personnellement, je trouve que l’exemple de l’impression de ma BD prouve clairement le contraire. Quand j’étais dans la douleur et l’obsession, tout était bloqué et quand j’ai abandonné toute attente de résultats, tout s’est fluidifié !

Je ne veux pas forcément vous convaincre. Mais, je vous invite à regarder plus attentivement votre vie, vous y trouverez sûrement une foultitude d’exemples similaires à mon expérience.

Voili ! Je voulais partager avec vous l’aventure que j’ai vécue pour mettre au monde ma première BD Rodham Willows : mon premier bébé, en fait hihi ! Maintenant, c’est réel, c’est concret, c’est palpable. Ma BD existe, ce n‘est plus simplement dans ma tête ! Les gens l’ont lu et donné leur avis.

C’est donc officiel : je suis dessinatrice de bandes dessinées ! J’ai réalisé mon rêve d’enfant !! ❤

Il me faudra un peu de temps pour assimiler cette info. Mais, je sais en tout cas que le Tome 2 sera plus fluide, je connais désormais les pièges à éviter. Merci !!

Premier Tome de Rodham Willows surkiffé par…

TeeNa ★