Change tes circuits neuronaux !,  Illustration time : Ma vie d'Illustratrice,  J'ai testé...,  Zoom sur…

« Nager ses blocages » pour se reconnecter à sa fluidité créative

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cet article…

Je vais partager ici quelque chose de très intime… Bon, c’est pas comme si je le faisais jamais hein ! Mais, là, ça touche à quelque chose qui est très personnel… Je me dis que ça peut en aider d’autres, donc allez, je me lance !

Mi-mai, j’ai fêté un anniversaire assez spécial… et particulièrement douloureux. Ce jour est arrivé bien plus vite que prévu et j’ai l’impression que je n’y étais pas du tout préparée : les 5 ans de mon entreprise d’illustration TeeNa (anciennement Stone) !

Le 14 mai 2013, je sautais donc le pas et je demandais mon immatriculation pour avoir un numéro de Siret et devenir une vraie entreprise reconnue par l’État.

Je dis « entreprise » du bout des lèvres car, même en ayant obtenu mon numéro de Siret, ce Saint-Gräal que je convoitais telle une Indiana Jones du dessin, je n’ai jamais réussi à me considérer comme une vraie entreprise et mon activité n’a jamais réellement été un business pour moi… ce qui est quand même paradoxal car c’est quand même le but de gagner de l’argent pour « en vivre » (je déteste cette expression, elle m’horripile…)

Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai jamais gagné autant d’argent que j’aurais voulu ou si c’est parce que dans mon inconscient, une illustratrice ne peut PAS être une « entreprise », c’est limite contre nature… le dessin est une passion, ce n’est pas une entreprise, ce n’est pas compatible !

D’habitude, je hurle après les gens qui sortent de tels propos et c’est sûrement parce que ça fait résonner ce qui est vraiment tapi au fond de moi… mes vraies pensées sur mon « métier »… j’ose enfin l’avouer…

 

Je suis donc arrivée aux fameux 5 ans… Les 5 ans et leur bilan fatidique qui détermine si ça vaut le coup de continuer ou non l’activité professionnelle dans laquelle on s’est lancé avec peur et appréhension… Arrivée à cette date, je me suis vraiment demandé pourquoi je m’étais lancée là-dedans à la base car la liberté que je pensais gagner en étant à mon compte s’est transformée en étau étouffant et entravant.

Mon bilan était donc vraiment négatif et dépressiogène : ces 5 années avaient été hyper éprouvantes, je n’avais pas gagné autant d’argent que je l’espérais, je vivais une situation financière plus que précaire, je n’avais jamais autant galéré et douté de moi-même. Le pire c’est que j’en étais même venue à douter du dessin et je m’étais chopé des blocages artistiques auxquels je n’avais jamais eu à faire face avant… Le dessin avait toujours été ma bouée de secours quand je sombrais, c’était ma valeur sûre pour aller mieux. Mais, là, j’étais bien obligée de constater que depuis que je m’étais lancée en tant que professionnelle, il s’avérait que lentement mais très sûrement, je m’éloignais de la Joie de créer sans but et que chaque dessin devait valoir le coup d’être créé… ce qui fait qu’à force, je n’osais même plus rien créer car mon jugement s’était aussi endurci. En devenant une professionnelle, je ne pouvais plus me permettre de créer des dessins moches ou juste pour le plaisir, il fallait qu’il y ait un projet concret au bout et que tout soit réussi du premier coup pour être rentable, c’est bien connu « le temps, c’est de l’argent ! »

Finalement, je me suis rendue compte que je vivais sans cesse avec une pression insoutenable qui provoquait tous ces blocages auxquels je faisais face et qui ne faisait que m’empêcher de créer.

Dessiner était devenu douloureux, une véritable torture pour moi… Et le pire, c’est que je n’avais même pas réaliser que je vivais cette souffrance au quotidien depuis des années. Je ne voyais pas que dès que je touchais un crayon, j’avais le ventre noué d’angoisses… Avant cet anniversaire, ce quinquennat, j’étais comme dans un demi-sommeil créatif, je créais difficilement, mais je créais quand même donc j’oubliais que ça n’avait jamais été aussi dur avant…

Pour être tout à fait honnête, mais sans rentrer dans les détails, j’ai vraiment très mal vécu cet anniversaire… j’ai eu envie de tout arrêter, tout quitter sans me retourner, de prendre le peu d’argent qu’il me reste et de faire mon sac à dos pour partir faire le tour du monde voir si je trouve l’herbe plus verte ailleurs… Je pense, après 1 mois de recul, sur ce que j’ai ressenti à ce moment-là, que c’était nécessaire que j’en arrive à ce méga ras-le-bol. Il était vraiment temps que je tape du poing sur la table et que je dise Stop à cette vie de galère créative ! Il fallait que je décide de retrouver ma fluidité créative et que je me reconnecte à ma Joie de dessiner, ce n’était plus possible, je mourais à petits feux sans même le remarquer… Le dessin est comme une partie de moi et si elle ne peut pas s’exprimer librement, c’est comme si je respirais à moitié, donc je finis par étouffer et je sombre dans l’apathie puis la dépression…

Je réalise que c’était comme si dans mon inconscient, c’était tellement normal de galérer et d’avoir des blocages pour être « un vrai artiste professionnel », que je m’étais auto-conditionnée pour répondre aux exigences du métier et être considérée comme une vraie professionnelle…

Je réalise que j’ai chopé pleins de préjugés et d’idées préconçues sur le métier d’artiste et que je me suis lancée dans le métier tête baissée, sans avoir pris le temps d’écouter ce qui se cachait dans mon inconscient. Donc, forcément, je me suis pris de grosses claques, pleins de doutes dans la gueule, pleins de blocages qui puent et j’ai perdu confiance en mon art… donc en moi-même…

Heureusement, j’ai pu garder l’esprit assez ouvert pour voir tout ça d’une autre façon.

 

Alors, vous voulez peut-être savoir ce que j’ai fait pour dépasser la déception accompagnant cet anniversaire ?

D’abord, j’ai été très inspirée, j’ai suivi mon intuition et je suis allée à la piscine pour « nager mes problèmes » et… ça a été le premier Miracle car en sortant de l’eau, j’étais épuisée, vidée et je me sentais déjà beaucoup mieux. Même mes pieds se posaient différemment sur le sol, c’était ouf !

Le deuxième Miracle a eu lieu quelques jours plus tard lors d’un atelier d’écriture auquel j’étais invitée par la revue Atayé et Laura N’Safou, alias Mrs Roots, qui est auteure et a, entre autres, écrit le livre jeunesse Comme un million de papillons noirs. L’atelier en question faisait partie d’un cycle de 3 ateliers intitulés « De quelle couleur est ta peau noire ? » (j’écrirai un article plus tard sur cet atelier pour vous raconter mon expérience ^^)

J’ai pu présenter mon parcours d’illustratrice et auteure BD lors de cet atelier. Je me suis montrée authentique et sincère, j’ai même avoué que j’avais eu des blocages et que j’avais mis 2 ans et demi à faire ma BD car j’avais peur des attentes du public. Les participantes pouvaient me poser librement leurs questions. Et, à un moment, une d’entre elles m’a dit 2 choses (dont je n’ai malheureusement aucun souvenir -___-‘) qui m’ont littéralement percutée, ça a tellement résonné que j’en ai eu des frissons sur les bras. J’ai senti comme quelque chose qui se casse à l’intérieur, comme une croyance qui lâche, un blocage qui s’auto-détruit pour laisser place à la Paix. Je me suis sentie beaucoup plus légère après avoir entendu ce qu’elle m’a dit.

Le résultat s’est fait sentir tout de suite après l’atelier, j’ai vendu plusieurs BD facilement, sans avoir à alpaguer ou supplier les gens, on venait à moi facilement. Mais, l’effet le plus flagrant s’est révélé quand je suis rentrée chez moi : je me suis mise à dessiner pour une expo dont j’ai eu l’idée en 2015 et qui traîne depuis 3 ans ! Comme si, grâce à ses mots, j’avais enfin pu me reconnecter à tout ce que je m’étais interdit !

Depuis ce fameux atelier, j’ai enfin retrouvé ma fluidité créative et je dessine à nouveau facilement, comme quand j’étais petite ! Bon, ce n’est pas totalement parfait car j’ai encore parfois un petit jugement, mais c’est quand même plus doux et j’arrive à dessiner beaucoup plus facilement !

 

Le bilan est donc bien plus positif que je le croyais… je portais mes lunettes noires le jour de cet anniversaire…

Il s’en est d’ailleurs passé beaucoup, des choses positives depuis ce 14 mai. J’ai pu me recentrer sur ce qui comptait vraiment pour moi et rediriger mon énergie vers ces choses. J’ai, par exemple, animé un atelier BD dans une bibliothèque de ma ville avec des enfants et… je me suis sentie vraiment alignée !! Ça résonnait complètement pour moi de transmettre ma passion dans ce contexte ! Les enfants étaient hyper intéressés et ils aimaient le dessin autant que moi donc c’était très fluide ! Et, l’équipe de la bibliothèque m’a très bien accueillie, tout le monde était très gentil. Bref, j’ai adoré faire cet atelier ! 😀

J’ai aussi pu comprendre que c’est bien ma façon de penser mon métier qui fait que je galère et non la galère qui est normale. Au fond, je dois toujours croire que c’est normal de souffrir et de faire beaucoup d’efforts pour peu ou pas de résultats… Mais, ça ne veut pas dire que je ne peux pas changer cette croyance. Maintenant que j’en ai conscience, je serai attentive.

C’est d’ailleurs important que je suive le mouvement de la Vie et que je reste ouverte aux nouvelles opportunités qui s’offrent à moi au lieu de rester verrouillée sur mes projets. Je vais arrêter de tout planifier et au contraire m’ouvrir à ce qu’il y a de mieux pour moi ! Je réalise que je peux avoir beaucoup mieux que ce que je pense mériter ! Et surtout, j’ai envie d’être beaucoup plus douce avec moi-même et d’arrêter de me jeter des cailloux dès que je n’évolue pas assez vite à mon goût…

Au final, je crois que pour être une vraie professionnelle du dessin, il faut que j’arrête de me concentrer là-dessus et que je me reconnecte à cette Joie enfantine qui me permet de créer et de dessiner en étant à l’écoute de mon cœur.

Donc, voilà ! J’espère que mon témoignage pourra vous aider si vous traversez des périodes de doutes similaires. Comme d’habitude, prenez ce qui résonne pour vous. Et, si vous pensez que mon article peut aider d’autres personnes, merci de leur partager. Diffusons l’Amour et la Joie ! 😉

 

Much Love to you all 💖

TeeNa

Un commentaire

  • Joulle

    Salut Teena ; c’est vrai que l’on a tellement de pression et pas la validation de l’argent surtout au début …
    Je me suis rendu compte assez tôt qu’il fallait réfléchir à une solution pendant ces premières années de galères, 6ans en moyenne dans le métier … Quoi faire pendant ce laps de temps indéterminé, si l’argent peine à rentrer, au delà des difficultés que ça créé, ça risquerait de me faire rentrer moi dans un cercle vicieux par rapport à ma création ? Et la création ironiquement c’est notre source de revenu, soit rien de pire pour nous.
    Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *