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Le « travail passion », ce doux rêve utopique

Bien le bonjour! Guten morgen ! Aloha !

Dans cet article, j’ai envie de me pencher sur le travail. Alors, oui, il me semble que j’en ai déjà parlé dans un article précédent, mais là, j’ai envie de traiter un autre aspect.

Je vais donc m’intéresser aujourd’hui au fameux « travail passion ».

« Mais, qu’est-ce donc ? », me demanderez-vous.

Je ne suis pas sûre de trouver une définition assez juste donc je vous dis ce que j’en pense personnellement.
Pour moi, le « travail passion », c’est un travail qui nous passionne… (sans blague !) et qui attise notre « feu sacré » quand on l’exerce. C’est une passion qu’on a réussi à transformer en travail… Et qui dit travail dit aussi salaire normalement, mais on nous fera bien (trop) souvent remarquer que dans ce cas précis, le vrai salaire n’est pas une obligation… J’irai même plus loin en disant que si vous avez déjà la chance de faire ce que vous aimez au quotidien, vous n’avez pas en plus besoin d’argent. Contentez-vous des miettes qu’on vous donne et fermez-la ! Vous avez déjà la joie de vous adonner à votre passion tous les jours (au lieu de vous rendre à un job pourri à se pendre au lustre), vous n’allez pas non plus demander d’être payé et puis quoi encore ! Quel sacrilège d’en demander autant !

Vous devez d’ailleurs aussi subir le statut illégitime de ce que vous osez appeler votre « travail »… Oui, car dans l’inconscient collectif, une passion ne peut pas être un travail puisque le travail est une chose qu’on doit faire en souffrant sang et eau… (cf. la définition du mot travail pour comprendre, le tripalium, objet de torture tout ça tout ça…)

En tant qu’illustratrice free-lance, dès mes débuts, quand on me demandait quel était mon métier et que je répondais donc « illustratrice », j’ai eu droit à des phrases du style : « nan mais, c’est quoi ton VRAI métier ? » Et pendant longtemps, je ne me sentais pas légitime à dire que j’étais illustratrice, j’avais l’impression de passer pour une folle. Il y a même une personne qui m’a dit : « Ah oui ! C’est un métier fictif, ça ! » Un métier fictif, genre, il est tellement faux que je l’ai inventé… Comme certains mythomanes qui s’inventent une vie…

Puis, j’ai évolué. J’ai compris qu’en fait les gens n’étaient que mes miroirs, et qu’ils ne reflétaient que ce que je pensais de moi-même. Ils me montraient l’opinion que j’avais de moi tout au fond, derrière les faux-semblants. Ça paraît tiré par les cheveux mais j’ai pu constater qu’au fur et à mesure que mon estime de moi-même évoluait, le discours des gens changeait dans le même sens. On me trouvait plutôt courageuse d’oser être moi-même, de m’engager envers moi-même et de me donner les moyens de concrétiser mon rêve. Et quand j’ai parlé de sortir ma BD en auto-édition, les encouragements et les témoignages de soutien ont tout de suite fusé, ce qui m’a prouvé que j’étais parfaitement alignée avec mon rêve et que je commençais vraiment à me sentir à ma place. Bon, ça ne m’a pas empêchée d’être bloquée pendant plusieurs mois car je m’étais trop mis la pression et je voulais faire un travail parfait pour répondre aux attentes de tous ceux qui me soutenaient si chaleureusement… Mais, l’évolution de mon opinion de moi-même est juste flagrante ! je ne peux que me féliciter de cette nouvelle confiance acquise.

J’ai récemment remarqué que depuis toute petite, ma famille m’encourage à être dessinatrice. Aussi bien mes parents que mes frères et sœurs, c’est quand même dingue ! Mais, c’est possible que je me bloque dans une certaine mesure car j’ai peur de les décevoir, eux qui ont misé tous leurs espoirs sur moi… Est-ce mieux de tout saboter et de ne rien tenter tellement la peur de décevoir est forte ?

Depuis quelques mois, j’ai un job alimentaire qui m’a vraiment ouvert les yeux sur mes croyances et mes peurs ! Eh oui, je pense qu’on n’est jamais placé par hasard, on a toujours quelque chose à apprendre. Et, j’en ai appris des choses sur moi-même et sur les jeux que je joue encore.

Je me plais à imaginer la carrière professionnelle parfaite, mais tout reste bien au chaud, dans ma tête, bien à l’abri de tous, même de moi-même ! Je sais pourtant exactement quoi faire pour y accéder, à cette carrière, et la rendre réelle, mais c’est comme si à chaque fois quelque chose m’en empêchait… Ce « quelque chose », c’est Moi, bien sûr ! Donc, le diagnostic est tombé : c’est clairement un auto-sabotage…

Je pensais pourtant m’être libérée depuis longtemps de mes schémas autodestructeurs, mais ils étaient en fait juste très bien cachés… Enfin, je sais que je faisais l’autruche car j’ai toujours su que je les gardais avec moi, comme si j’avais peur d’être perdue sans eux… trop heureuse de pouvoir enfin être libre et d’exprimer ma plussoyance ?

J’ai été mise face à mes propres croyances sur les artistes et les free-lance. Je crois qu’au fond, je pense encore qu’il est impossible de bien gagner en étant à son compte et que la galère n’est jamais bien loin. Comment espérer réussir avec ce genre de pensées ? Pourquoi ne pas donner une vraie chance à mon rêve d’exister ?

Ma BD était un premier pas, la première pierre à l’édifice, mais je sens que je peux aller encore bien plus loin et ouvrir complètement la porte ! Je suis assez impatiente et je me juge de ne pas lâcher mes peurs plus vite, ce qui m’empêche de voir que j’évolue malgré tout : j’ai pu, pour la première fois de ma vie, parler de l’illustration comme de mon vrai métier ! Quel bonheur ça a été et quel cadeau je me suis fait ! Et, ce qui est encore plus jouissif, c’est surtout de voir les autres trouver ça normal.

Et ça devrait être normal d’exercer le métier où nos passions sont sollicitées afin qu’on puisse s’épanouir au travail ! Vous me trouvez utopiste ou fêlée du bocal ?

Moi, c’est cette société que je trouve pétée du bulbe… Mais, ça, c’est une autre histoire !

Much Love to you all ❤

TeeNa

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