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Le syndrome de l’imposteur : nouveau mode de vie ?

L’autre jour, j’ai posté un dessin sur Instagram (que voici) :

Illustration © TeeNa

 

A la base, c’est un dessin humoristique pour un nouveau projet BD. Là, c’est l’héroïne de ma BD en mode Drama Queen concernant sa vie qu’elle juge comme étant une imposture.

Il y a tout de suite eu beaucoup de réactions suite à mon post. Et, j’ai été vraiment surprise voire choquée…

Déjà, tout le monde pensait que c’était moi (bon ok, on se ressemble comme des jumelles avec mon héroïne, ça va haha…) Mais, ce qui m’a le plus perturbée, ce sont les commentaires des gens.

J’ai eu un premier message de quelqu’un que je connais. Il m’a remercié car mon dessin l’a beaucoup fait rire. Le plus bizarre, c’est qu’il était en train de se dire la même chose sur sa propre vie (donc que c’était une imposture) et que mon dessin lui a permis de voir le ridicule de sa pensée.

Une autre personne m’a mis en commentaire « La mienne aussi. » (donc, sa vie est une imposture, comme celle de mon héroïne…) et elle se sentait apparemment comprise par ce que mon personnage exprime dans mon dessin…

Y a-t-il vraiment autant de personnes qui ont cette sensation d’être une imposture et que leur Vie n’est pas ce qu’elle devrait être ???

 

Dans mes sombres années, il m’est souvent arrivé de me dire que je ne servais à rien et que tout le monde serait peut-être mieux si je n’existais pas… finalement, est-ce la même chose que de se dire que sa vie est une imposture ? J’avais peut-être la version encore plus hardcore…

Donc, ma publication sur Instagram m’a fait me questionner : qu’est-ce qui fait qu’on se dit qu’on est une imposture ?

Je pensais que le syndrome de l’imposteur était un sentiment inhérent à la Vie d’artiste, mais en fait, beaucoup plus de gens le ressentent…

 

Est-ce que l’imposture vient du fait qu’on n’est pas qui on aimerait être ?

Est-ce que c’est parce qu’on fait semblant d’être qui on n’est pas et qu’on passe notre temps à porter toutes sortes de masques, pour se protéger, pour ne surtout pas s’exposer réellement aux autres ?

Ce sentiment d’imposture provient-il du fait qu’on ne vit pas la Vie qu’on aimerait vivre ? On a le sentiment de passer à côté de sa Vie et de tout gâcher en beauté en faisant des choix contraires à notre bonheur ?

Parfois, on se sent obligés de faire certains choix parce qu’on pense que c’est bien. On oublie de regarder à l’intérieur de soi pour voir si ça résonne… et même pire, on entend une voix lointaine qui nous dit « Stop », mais on choisit plus ou moins consciemment de ne pas l’écouter. On se croit au pied du mur et dans l’impossibilité de faire un autre choix. On fait donc ce qui est attendu de nous, ça nous donne bonne conscience sur le court terme… Mais, le prix à payer sur le long terme est tellement élevé ! Je parle en connaissance de cause car, par le passé, j’ai très souvent fait des choix que je qualifierais de « masochistes » et je m’en suis toujours mordu les doigts…

Toutes ces fois où je ne suivais pas ce qui faisait vibrer mon cœur. Ces fois où je disais « Oui », alors que tout en moi criait « Non ». Les fois où j’écoutais les autres, au lieu de m’écouter moi. Les moments où j’agissais n’importe comment car je voulais satisfaire les attentes des autres et ne surtout pas les décevoir.

La liste est tellement longue !

 

Je crois que ce qui fait que les gens pensent que leur Vie est une imposture vient de toutes ces choses qu’ils font ou ne font pas et qui leur donne l’impression de ne pas être vraiment où ils devraient être.

Mais, à mon sens, le fait d’être capable de se dire qu’on vit une imposture est le début de la « guérison ». Car un fou ne sait pas qu’il l’est. Mais, si on voit les barreaux de notre prison, c’est qu’on commence déjà à en sortir d’une certaine façon, c’est le premier pas, la prise de conscience.

Après, il faut continuer sur sa lancée et se recentrer sur soi, pour savoir ce qu’on peut ensuite faire ou arrêter de faire pour vraiment sortir du cercle vicieux du syndrome de l’imposteur.

Dans la démarche artistique, ce syndrome dépend principalement du fait qu’on ne se sent pas légitime et souvent pas à la hauteur de l’art qu’on souhaite exprimer. On pense donc être un imposteur…

Parfois, la pression est telle qu’on se retrouve embarqué dans une vie de mensonges. On ne ment pas vraiment, on ne contredit juste pas les gens sur leurs croyances nous concernant. Dire la vérité serait trop… honteux ? Devoir se justifier serait trop embarrassant.

Finalement, ce qui fait qu’on se dit être un imposteur, c’est le fait qu’on n’est pas honnête envers soi-même. C’est une sorte de rejet de qui on est vraiment. On se croit obligés de porter un masque pour être accepté par les autres. Et, quand ce masque devient trop lourd à porter, on n’a plus personne vers qui se tourner… Le pire, c’est que souvent, on peut mettre du temps à voir qu’on n’est pas authentique, on se berne soi-même, en mode Docteur Jekyll et Mister Hyde… Plutôt flippant !

J’ai mis du temps à accepter de me voir telle que je suis vraiment. Je crois qu’au fond, j’avais peur de découvrir une telle laideur que j’aurais eu envie de me pendre au lustre illico presto. Pourtant, les gens qui me côtoyaient semblaient déjà voir en moi de la beauté. Mais, je réalise que je commence seulement à la voir moi aussi.

Je ne suis pas parfaite, mais mes imperfections sont parfaites car elles créent mon unicité. On m’aime aussi pour ça, tout ce qui fait que je suis Moi.

Et, le mieux, c’est qu’aujourd’hui, je commence enfin à m’aimer aussi pour moi-même. Je commence à aimer mes défauts sincèrement. Je lâche le besoin constant de me changer, de m’améliorer, d’être une autre. Je commence à m’accepter telle que je suis, dans mes ombres et mes lumières. Je le fais sincèrement, entièrement, inconditionnellement. Et, c’est là que je vois qu’avant, j’avais le désir de m’aimer inconditionnellement, mais je ne pouvais pas encore le faire.

Aujourd’hui, j’ai récolté tout ce dont j’avais besoin pour réussir à faire la paix avec moi-même et enfin m’accepter dans mon entièreté, dans ma complétude et avec toutes mes imperfections, que je ne cherche plus à cacher.

 

Pour moi, être un imposteur, aujourd’hui, serait de prétendre que je suis parfaite et que je suis une autre que moi-même.

Mais, j’ai passé les dernières décennies à me fatiguer à ce jeu éreintant. Maintenant, je décide d’être juste Moi, la Vraie Moi et de dire que c’est assez, que ça suffit amplement.

Ceux auxquels ça ne suffit pas, je ne les retiens pas dans ma Vie, la porte est grande ouverte, sentez-vous libres de la prendre, merci de votre passage.

 

Aujourd’hui, je n’ai plus envie de faire de compromis ni de travestir qui je suis vraiment.

Et, vu que c’est impossible de se sentir un imposteur si on est seulement soi-même, je crois que c’est donc ma solution pour sortir de la spirale destructrice du syndrome de l’imposteur.

 

Testez-le, vous m’en direz des nouvelles !

 

Much Love to you all 💖

 

TeeNa

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