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« Devenir la meilleure version de soi-même » : la dictature de la plussoyance

Je vois de plus en plus souvent cette injonction à « devenir la meilleure version de soi-même » dans les magazines, sites, articles feel good et de développement personnel.

Je n’avais jamais eu aucun problème avec ça… mais ça, c’était avant.

A force de toujours chercher à m’améliorer, j’ai remarqué que j’ai développé une sorte de boulimie, il fallait que je sois différente, toujours mieux… toujours plus à l’opposé de moi-même finalement…

Ce réflexe de vouloir absolument me changer quoi que je fasse a fini par me faire douter de moi…

Etais-je à la hauteur ? Etais-je assez bien pour vivre la Vie dont je rêvais ? N’y avait-il pas quelque chose que je pouvais modifier en moi, qui m’aiderait à arriver plus rapidement là où je voulais aller ou à accéder à ce que je voulais vraiment ?

Il devait forcément y avoir un truc, une astuce que je ne voyais pas, que je ne comprenais pas. C’était bizarre car après plusieurs années à faire de mon mieux pour être cette p*tain de meilleure version de moi-même, j’ai réalisé que je n’étais pas plus heureuse… bien au contraire.

J’avais fini par me nier… Nier ma vraie personnalité, pas celle toute lisse et parfaite, non. MA personnalité avec pleins de défauts, qui, finalement font de moi celle que je suis aujourd’hui…

Pourquoi vouloir à tout prix gommer ces traits de caractère qui me rendent si unique ?

Pourquoi croire que ce sont ces caractéristiques qui m’empêchent d’accéder à mon bonheur ?

La vraie question est : Pourquoi devoir devenir la meilleure version de moi-même ?

 

J’ai tellement pris l’habitude de me critiquer, de me flageller et de me juger qu’une pensée ne m’a jamais effleuré l’esprit :

 

Et si j’étais déjà parfaite telle que je suis maintenant !

 

Parfaite avec mes qualités, mais aussi et surtout parfaite avec tous mes défauts, mes faiblesses, mes failles, mes doutes.

 

Je sens déjà la pression redescendre à cette pensée…

Cette pression qui était devenue comme une course à la performance et à la perfection. Je me comparais moins aux autres, peut-être, mais il y avait clairement une compétition malsaine avec moi-même. Ce qui fait que les versions de moi qui appartenaient au passé, je les jugeais toujours très sévèrement, en leur reprochant d’avoir fait des erreurs ou de n’avoir pas su agir au bon moment, dire les bonnes choses aux bonnes personnes… En gros, je reprochais à ces versions de moi de m’avoir gâché la vie et je les tenais pour responsables des difficultés que je devais affronter dans le présent car dans le passé, elles n’avaient pas su poser les bonnes actions.

Comment créer un climat plus propice à la haine de soi-même ? On se le demande…

La chose importante que j’ai retenue est la suivante : ces TeeNa du passé ont agi comme elles ont pu sur le moment, avec les outils et les ressources qu’elles avaient à leur disposition. Elles ne pouvaient pas connaître les conséquences de leurs actes à l’avance, elles n’avaient pas la compréhension et le recul nécessaire pour agir autrement, sinon elles l’auraient fait !

Il n’y a aucune faute à jeter sur le dos de qui que ce soit…

 

Ça fait très schizophrène comme article, mais c’est pour être le plus claire possible.

Il y a ce fameux Doom (cf. l’article à ce sujet : « Un Doom vaut mieux que deux tu l’auras ») qui n’arrête pas de piailler en me blâmant avec des phrases assassines commençant par « Si… »

Du style : « Si t’avais pas été à la fac, t’aurais jamais fait de dépression, bouffone… » ou « Si t’avais fait une école d’art, tu pourrais donner des cours de dessin dans des écoles d’art et tu serais mieux payée, pauvre nullosse que tu es… » ou bien « Si t’avais plus d’argent, tu pourrais partir faire le tour du monde, à commencer par le Zimbabwe… »

Comment penser que je suis la meilleure version de moi-même en me faisant subir un tel calvaire, une telle pollution mentale jour après jour ?

Pour ma part, c’est justement cette pression pour être la meilleure version de moi-même qui fait que je m’autorise à me tâcler gratuitement jour après jour…

Car derrière cette volonté de toujours être « mieux que ce que je suis dans l’instant », c’est un peu comme une façon de renier ou de rejeter celle que je suis au moment présent. Je suis toujours focus sur l’après, sur le moment où je serais enfin mieux que maintenant, plus parfaite que la perfection et donc, par extension, plus méritante.

Si on va plus loin : si on doit toujours être meilleur et qu’on est censé toujours devoir s’améliorer, quand est-ce qu’on mérite d’avoir ce qui nous fait rêver et d’être enfin heureux ?

Après des années à « travailler sur moi », comme on dit, je ressens une profonde lassitude et un découragement car j’ai l’impression que cette quête d’amélioration n’est jamais finie… La ligne d’arrivée ne fait que s’éloigner avec le temps et malgré les efforts fournis (et souvent les sacrifices… oh ! comme je déteste ce mot…), les récompenses n’arrivent jamais… Quel intérêt alors de continuer à se martyriser ?

J’en ai juste marre de devoir toujours m’améliorer et d’être obligée de remettre au lendemain mes désirs, mes rêves. Comme si la Vie dont je rêve ne pouvait être méritée et réservée que pour la TeeNa qui aura assez galéré et assez travaillé sur elle-même pour avoir droit à des poussières de micro-nano miettes de bonheur… Et bah non : Je dis STOP à la tyrannie !!

Je n’ai plus envie de m’améliorer car j’ai remarqué une chose : pendant que je dépense toute mon énergie et que je me focalise sur toutes ces choses qui ne tournent soi-disant pas rond chez moi, je n’ai pas le temps de vivre et d’apprécier les belles choses de la Vie !

Cette obsession de chaque instant, c’est comme toujours voir tous les petits détails insignifiants qui gâchent les bons moments. Le truc inutile que personne ne remarque sauf moi… Ça me prend la tête tout le temps ! Je rumine sans arrêt ces choses que je n’ai pas faites ou pas assez bien faites, ces choses que je n’aurais pas dû faire ou celles que j’aurais dû faire ou que je devrais déjà avoir faites…

Et ça devient pénible de juste se lever le matin, avec cette conviction que je devrais être ailleurs, faire autre chose et avec la pensée que je ne suis toujours pas assez bien pour vivre la vie qui me fait rêver….

C’est tellement pénible et oppressant. J’en suffoque rien que de l’écrire…

 

C’est pour ça que j’ai décidé que je n’ai plus envie de travailler sur moi-même ! Je m’en fiche de ne pas être parfaite, je m’en contre-tamponne avec une patte de grenouille aztèque d’avoir encore des défauts à la pelle !! Je les aime, mes défauts ! Ils font partie de moi !

 

Je lâche l’affaire ! C’est fini ! Basta ! Enough is enough !

 

Je n’ai plus envie de m’améliorer ni de me forcer à me changer !

J’ai envie de me foutre la Paix et je trouve que mon stade d’évolution est carrément ok pour moi ! JE le valide à 100.000% !

Je vais simplement continuer à faire de mon mieux chaque jour et ce sera juste parfait comme ça pour moi.

 

Je suis déjà la meilleure version de moi-même, la version TeeNa 9.0 et F*ck it !!

 

Much Love to you all 💖

TeeNa

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