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Childless VS Childfree

Depuis plus de 40 ans, il existe une tendance de plus en plus fréquente aux États-Unis : les parents sans enfants… par choix ! On les appelle les “Childfree”. Le terme est apparu pour la première fois en 1972, grâce à un journaliste du Times, qui voulait faire connaître au grand public la possibilité de choisir un autre style de vie, à l’opposé des diktats de la société, sans pour autant ressentir de la culpabilité. Au début, le terme était Childless, mais il y avait une dimension de manque induite dans le mot « less », donc ça a été modifié.

En France, ce phénomène est encore assez récent… et il reste surtout tabou. On est parfois un peu plus coincés de la rondelle quand il s’agit d’aller à l’encontre des systèmes établis depuis moche lurette. Mais, bon point pour nous, petits frenchies, ces dernières années, on a pu constater une augmentation des couples qui choisissent également, comme les cousins outre-Atlantique, de ne pas procréer.

Alors, certains pourraient penser que c’est contre nature car, comme on le sait tous, l’être humain est fait pour se reproduire, fabriquer des petits êtres qui lui ressemblent et qui constitueront sa descendance, son héritage, la preuve de son passage sur Terre… Joyeuse excuse pour faire des enfants, qui ne seraient donc qu’un objet destiné à satisfaire nos ego surdimensionnés ?

La pression sociale est encore plus forte pour les femmes, auxquelles on associe automatiquement ce rôle de reproductrice et poule pondeuse. En effet, la Femme est plus souvent vue comme une mère en devenir et ce, dès le plus jeune âge.

Moi, j’ai l’image d’une femme ressemblant à un four dans lequel on mettrait un moule rempli de « pâte à bébé » destinée à devenir les enfants de demain, confectionnés tels des petits gâteaux fourrés prêts à être jetés dans le monde… Vive l’angoisse !

 

Pour ma part, il y a quelques années, j’étais sûre et certaine de ne pas vouloir faire d’enfants. Ça me faisait peur et j’avais surtout peur de reproduire des schémas familiaux et de juste transmettre la pomme pourrie à la génération suivante.

J’ai été assez choquée des réactions de filles que je considérais comme des amies à l’époque.

En apprenant mon refus de procréer, l’une d’elles m’avait carrément dit que j’étais « égoïste » ! Euh… sauf erreur de ma part, il y a énormément de personnes qui s’occupent déjà très bien de peupler la planète donc la race humaine est bien loin de s’éteindre même si je ne fais pas d’enfants… Et moi, ce que je trouve égoïste, c’est plutôt de faire des enfants pour les mauvaises raisons et de les maltraiter, les rejeter ensuite car on les trouve trop gênants, encombrants pour nos projets… Je préfère quelqu’un qui réfléchit honnêtement à ce qu’implique le fait de devenir parent et qui fait un choix en fonction de sa capacité à assumer par la suite, aussi bien financièrement qu’affectivement. Parce que c’est bien beau de vouloir briller en société et de satisfaire les autres, en suivant bêtement le troupeau sans réfléchir, mais il faut avant tout penser aux futurs enfants et à la vie qu’on est capables de leur donner.

L’autre copine m’avait dit un truc encore plus débile et archaïque, en gros, je ne pouvais pas décider de ne pas faire d’enfants car : « une femme sans enfants n’est pas une femme accomplie ! » Alors déjà, de base, il me semble que mon utérus m’appartient et que j’en fais ce que je veux. Si je n’ai pas envie de faire le four, ça ne devrait regarder que moi et moi seule. Personne d’autre que moi-même ne devrait avoir quoique ce soit à dire concernant MON choix ! Et, je trouve ça tellement sexiste de réduire la Femme à un rôle reproducteur ! Il y a tellement d’autres façons de se réaliser dans la Vie, pourquoi toujours réduire les possibilités d’épanouissement… Et, surtout, je pense que vivre à travers les autres, même si ce sont nos enfants, donc une partie de nous-mêmes, c’est assez malsain pour tout le monde. Pour soi-même déjà car on va se focaliser uniquement sur les enfants et ne plus rien faire d’autre qui ne les concerne pas, au risque de devenir dépendant… puis malheureux quand ils quitteront le nid (à moins d’avoir un Tanguy, qui s’accroche à vous jusqu’à ses 60 ans… mais, ce n’est pas à souhaiter haha !) Ensuite, ce n’est pas sain non plus pour les enfants car ils pourraient avoir du mal à s’autoriser à grandir en sentant que vous n’êtes plus qu’un parent, ils pourraient sacrifier leur bonheur pour que vous puissiez vous sentir encore utile… Ils vous porteraient, d’une certaine façon. Or, ce n’est pas du tout leur rôle !

J’en parle en connaissance de cause car j’ai eu ce comportement vis-à-vis de mes parents pendant plus de la moitié de ma vie et ça a été très dur de couper cette dépendance au sacrifice… j’ai même parfois l’impression de ne pas avoir tout coupé encore…

Enfin voilà ! Tout ça pour dire que les enfants ne sont pas des objets faits pour combler des vides émotionnels, des manques affectifs ou des ratés. Ce serait bien de faire passer des tests aux futurs parents, pour vérifier quelles sont leurs motivations. Ça en dissuaderait plus d’un de procréer et ce serait peut-être pour le meilleur, qui sait !

Bon, après, faut aussi éviter de tomber dans le manichéisme. Je trouve ça bien aussi qu’il y ait une part de « hasard » et qu’on ne puisse pas tout programmer non plus car la Vie serait tellement fade sinon.

Quoiqu’il en soit, je pense que chacun devrait avoir le droit et le choix de se reproduire ou non et que personne ne devrait se permettre de juger les autres car ils ne font pas les mêmes choix de vie.

Après tout, si on est dans des pays libres, pourquoi être obligés de faire des enfants si l’envie n’est pas là ? Illogique, on est bien d’accord !

Aujourd’hui, je pense que j’ai envie d’avoir des enfants, mais je ne serai pas tyrannique avec moi-même et je me laisse la possibilité de changer totalement d’avis. Je ne sais même pas où je serai demain, comment être vraiment sûre que le meilleur choix pour moi est de procréer ?

Pour moi, il est plus sain de rester ouverte à la réflexion et de me donner le droit de changer d’avis aussi souvent que je le veux car je suis libre de mes choix tant que je choisis de l’être.

Much Love to you all ❤

TeeNa

 

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