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Autopsie d’un blocage artistique

Aujourd’hui, un sujet qui peut en intéresser plus d’un… Principalement les personnes qui sont dans un processus créatif, en fait.

Je veux parler de ce fameux blocage artistique. Le syndrome de la page blanche, le flou artistique, le manque d’inspiration, le manque de motivation, de concentration, etc. Vous avez compris de quoi je parle.

 

En lisant le livre d’Arnaud Riou, Réveillez le Chaman en vous, j’ai répondu à une question qui paraissait anodine au premier abord, mais qui m’a en fait aidée à comprendre ce qu’il se passe vraiment dans ma tête quand je suis confrontée à un blocage et que je n’arrive pas à dessiner.

La question était la suivante : Quel enfant étiez-vous ?

Je conseille d’ailleurs à ceux qui sont interpelés par cette question d’y répondre. Répondez-y très simplement, sans pression et en laissant émerger ce qui vient.

 

Pour ma part, cette question a vraiment été un révélateur !

Je me suis donc souvenue que j’étais une enfant rêveuse, énergique et toujours en mouvement, très créative, je faisais toujours quelque chose : dessiner et peindre, écrire et inventer des histoires, chanter, danser, faire la roue, l’équilibre, sauter et grimper, faire du vélo, courir, jouer au foot, créer des objets miniatures, etc. La liste est encore bien longue…

Ce que j’ai remarqué et qui est le plus important, c’est que j’étais vraiment hyper dynamique, mon cerveau était toujours en ébullition quand il s’agissait de créer, je sautais d’une idée à une autre, sans limite ni jugement. Je ne me posais pas de questions inutiles, je suivais mon inspiration, je me donnais le droit de changer d’avis quand je n’avais plus envie de faire ce que je faisais.

Je pouvais commencer une BD sur un coup de tête, un rêve, et souvent, après quelques pages seulement, si le sujet ne me plaisait plus ou si je n’avais plus d’idées, j’arrêtais sans scrupule et c’était parfaitement ok, je passais à autre chose et c’était tout.

En grandissant, j’ai perdu cette liberté de créer. Sans m’en rendre compte, je me suis imposé des règles rigides et je ne créais que s’il y avait une finalité, un but précis, un intérêt… Et, ça a contribué à tuer ma spontanéité et mon élan artistique, qui ont toujours été si indispensables dans mon processus de création.

J’ai commencé à porter un jugement très dur sur ce qui méritait ou non d’être et d’exister. Et, c’était le début de la fin…

Quand j’étais petite c’était « j’ai envie = je fais » et j’avisais ensuite pour voir si ce que j’avais fait me plaisait ou non. Si c’était le cas, je continuais sinon j’arrêtais simplement, sans aucun jugement. Finalement, c’était en quelque sorte ma sagesse d’enfant qui faisait que j’accueillais tous mes élans créatifs dans leur globalité, j’étais plus douce, compatissante et ouverte.

Je réalise seulement aujourd’hui le désastre que ma rigidité « d’adulte » a provoqué… Le fait d’avoir la critique aussi facile et le jugement hyper sévère m’empêche de laisser germer mes inspirations. Je les étouffe avant même qu’elles aient eu la chance de devenir réelles.

 

Je me suis demandé ce qui se cachait derrière cette réaction radicale.

J’ai réalisé que c’est bien évidemment le regard des autres qui en est la cause…

C’est comme si je me disais qu’il faut absolument que tout ce que je crée doit être parfait si jamais quelqu’un tombait dessus. Impossible d’exposer au regard des autres des créations imparfaites, non abouties ou pire, ce serait le drame, la catastrophe apocalyptique qu’ait jamais connu l’Univers… et tout le monde saurait que c’est moi qui suis fautive et tout le monde m’en voudrait d’avoir osé montrer des horreurs pareilles… La pression est donc à son comble. Dans ma conception déformée, je porte limite le poids du monde sur mes épaules quand je crée, c’est pas étonnant que chaque trait de crayon soit aussi difficile à poser car si je fais un faux pas, tout le monde le paiera…

 

Il n’y a donc plus aucune liberté dans le fait de créer. Je dois penser aux autres avant dans mon processus créatif.

C’est comme si j’avais passé un pacte signé avec mon sang en décidant de devenir artiste et que je m’étais engagée envers toutes les personnes qui vont un jour voir mes créations.

Je leur aurais soi-disant promis que je saurais deviner à l’avance ce qu’ils ont envie de voir, ce qui va les toucher, les inspirer. Je leur aurais soi-disant juré (implicitement et inconsciemment) de leur en mettre plein les yeux, de les faire rêver, de les transporter de Joie, de faire chanter leur cœur, de ressusciter leur âme d’enfant enterrée depuis moche lurette, de les faire vibrer de la tête aux pieds…

C’est bien connu, le but de l’art, c’est bien sûr d’inspirer les autres !

Et avec autant de pression, on se demande après comment ça se fait que beaucoup d’artistes pètent des câbles, soient borderline, font tout pour oublier toutes les attentes du public et sombrent dans l’alcool, la drogue ou pire… Quel fardeau d’être artiste, si c’est ça, autant ne plus créer du tout !

Où est le plaisir de créer ? Où est la Joie ?

La responsabilité est beaucoup trop écrasante, étouffante, insupportable… Il y a trop d’enjeux vitaux qui bloquent le flux créatif et assèche notre puits d’inspiration et de créativité…

Beaucoup d’artistes arrivent quand même à créer, mais seulement dans la douleur et au prix d’efforts surhumains pour arriver à des résultats moyens voire médiocres et surtout décevants. Ils savent qu’ils pourraient faire tellement mieux, mais ils sont comme enchaînés par leur jugement et leur créativité est bâillonnée, étranglée, assassinée.

Les doutes surgissent alors :

« Pourquoi moi et pas un(e) autre ? »

« Qu’est-ce que j’ai de plus ? Rien, donc pourquoi j’aurais le droit de montrer mes croûtes alors que des vrais artistes, beaucoup plus talentueux que moi, n’osent même pas montrer leur magnifique travail ? »

A partir du moment où on glisse dans la comparaison avec les autres, c’est qu’on a inconsciemment décidé de ne plus créer car il y aura toujours quelqu’un de plus doué que soi. Et si l’autorisation de créer dépend du fait qu’on soit le meilleur dans notre domaine, ce qui arrive rarement, alors de quel droit créons-nous ?

J’ai eu plusieurs périodes où je me comparais aux autres (toujours aux plus talentueux au top de leur art, bien sûr, c’est pas drôle sinon) et le seul résultat que j’obtenais, c’était que je me sentais plus nulle que la nullité, j’étais déprimée et je n’arrivais même plus à dessiner… Génialissime et tellement utile…

 

J’ai ensuite entendu parler du terme d’Enfant artiste dans le livre Libérez votre créativité de Julia Cameron, et ça m’a tout de suite parlé. Je me revoyais enfant en train de créer à volonté sans aucune pression, je m’amusais tout simplement et c’était toujours la Joie.

J’ai eu envie de revenir à cette simplicité, à cette fluidité. Comme le préconisait le livre, j’ai donc commencé à consacrer du temps à mon enfant artiste, ma petite TeeNa, et à faire des choses juste pour lui faire plaisir. C’était comme revenir à la source, ça m’a fait beaucoup de bien et libérée d’un poids énorme que je n’avais même pas conscience de porter.

Maintenant, je fais en sorte de me comparer uniquement à moi-même. Bon, j’avoue y’a encore des fois où je m’égare à envier le talent des autres, mais je reviens vite à moi et à ma propre évolution.

Je suis plutôt très fière de mon chemin artistique et aujourd’hui, je peux dire que j’aime ce que je crée ! J’aime mon style de dessin, je me sens à 10.000% Moi !

Je vois les choses à améliorer et je me penche sur certaines pour être encore plus au taquet. Dernièrement, je voulais par exemple apprendre à maîtriser l’aquarelle et les dessins d’animaux, je me suis donc lancé un défi d’1 mois pendant lequel je dessinais un animal à l’aquarelle tous les jours. Non seulement, j’ai réussi ce challenge, mais en plus, je dessine encore mieux maintenant YES !! Et j’ai eu beaucoup de retours positifs de mon entourage et des gens qui me suivent sur les réseaux sociaux = tout bénéf’ !

Mais, je ne me force pas à être parfaite car ce sont aussi les imperfections qui rendent mon travail parfait à mes yeux et si je maîtrisais tout, je m’ennuierai peut-être haha

On est de toute façon toujours en évolution donc pourquoi se mettre une pression inutile.

 

Donc, je fais le choix d’être une artiste imparfaite ! Et je suis parfaitement ok avec ça ! 😀

 

Much Love to you all 💖

TeeNa

 

Crédits illustration ©TeeNa

2 commentaires

    • TeeNa

      Hello Yatuu !! Merci pour ton commentaire 😀
      C’est claiiir !! Je crois qu’on est beaucoup d’artistes dans ce cas… Quand on est enfant, on se contente de faire ce qu’on aime sans se prendre la tête et ça facilite bien les choses -___-‘

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